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Animaux sacres : decouvrez la signification des animaux a travers le monde

23 Juillet 2020

(Photo : Une femme et un langur sacré au Rajasthan © Alain PLATEL)

« Pour l’Hindou pénétré par la pensée védique, la vache présente un tout autre intérêt que pour l’éleveur normand. ».

Cette phrase, tirée de l’introduction de l’excellent Dictionnaire des Symboles de Jean CHEVALIER et Alain GHEERBANT, résume bien l’objet de cet article : vous proposer un zoom sur des animaux qui ont transcendé leur dimension symbolique pour atteindre une dimension sacrée dans certaines cultures et religions.

Du scarabée sacré à l’éléphant, bienvenu dans un monde de croyances où l’imaginaire symbolique est un outil qui aide l’homme dans sa quête de sens et où les animaux sont respectés et vénérés tels des Dieux !

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LE CHAT SACRE EN EGYPTE ET AU CAMBODGE

(Photo : Momie de chat © Pymouss / Wikimedia Commons)

Le chat est un animal au symbolisme très variable d’une culture à l’autre. Ainsi dans ses représentations plutôt maléfiques, on note qu’au Japon, le chat est perçu comme un animal de mauvais augure qui peut tuer une femme et en revêtir la forme. Dans le monde bouddhique, le petit félin fut le seul, avec le serpent, à demeurer indifférent à la mort de Bouddha ; et dans la Kabbale, il incarne le pêché et l’abus des biens de ce monde.

Au Cambodge, le chat est au contraire une force positive, un animal que l’on emmène de maison en maison lors d’une procession où chaque villageois l’arrose pour invoquer la pluie. Dans la tradition musulmane, le chat (sauf s’il est entièrement noir) est un animal favorable doué de baraka, la bénédiction de la chance et de l’abondance.

Dans l’Egypte ancienne, Bastet, la déesse bienfaitrice et protectrice de l’homme, était représentée sous la forme d’un chat. Elle symbolisait la force et l’agilité du félin mises au service de l’homme pour l’aider à triompher de ses ennemis cachés, une vision positive sans doute héritée de l’utilité avérée du félin pour éliminer les rongeurs qui dévoraient le grain de récoltes et chasser les serpents des habitations. Considérés comme des membres à part entière de la famille, les chats étaient même momifiés et les gens se rasaient les sourcils en signe de deuil à la mort d’un de leurs protégés.

Il existe une race de chat, le mau ou chat égyptien, qui comme ses lointains aïeuls arbore une robe gris clair aux taches noires bien visibles. La race mau est considérée par certains comme un descendant direct du chat égyptien, lui-même une sous-espèce du chat sauvage africain et dont sont issus les chats domestiques.

LE CROCODILE SACRE EN EGYPTE ET AU BURKINA FASO

(Vidéo : 'Sobek, Dieu du Nil (mythologie egyptienne)’, chaîne La Minute d'Histoire et Mythologie sur Youtube)

Le crocodile est un animal présent dans de nombreuses cultures où il revêt divers visages. Dans la mythologie égyptienne, le crocodile du Nil était Sobek, le Dévorateur, qui engloutit les âmes des impurs. Les défunts étaient parfois représentés sous la forme du crocodile, en résonnance à sa position d’intermédiaire entre la terre et l’eau, entre la vie et la mort. Il avait même sa ville dans l’Egypte antique, Crocodilopolis (aujourd’hui renommée Fayoum), où avaient été érigés des temples en l’honneur du Dieu reptile. Alors que dans d’autres régions d’Egypte on le craignait et on le chassait, il était vénéré dans sa ville et on y apprivoisait des crocodiles sacrés que l’on présentait au peuple ornés de bijoux.

Au Burkina Faso, une légende raconte qu’un crocodile aurait sauvé la vie de villageois perdus en leur indiquant une source d’eau. Depuis, les habitants de plusieurs villages y respectent et nourrissent les crocodiles, les protègent et les considèrent comme leurs égaux. A Sabou et à Bazoulé, où des centaines de crocodiles vivent dans des mares à proximité des villages et viennent régulièrement visiter les habitants, l’ethnie des Mossis vit en harmonie avec les sauriens sans les craindre et pense même que ces animaux peuvent exaucer les voeux. A l’exception des mères qui peuvent se montrer dangereuses lorsqu'elles viennent pondre près des habitations, les crocodiles se montrent sinon peu agressifs hors de l’eau.

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L'ELEPHANT EN ASIE

(Photo : Eléphant d'Asie en Inde © Alain PLATEL)

L’éléphant est vénéré dans de nombreuses cultures asiatiques où il est souvent considéré comme un animal royal et cosmique. On le retrouve notamment chez les hindouistes sous la forme de Ganesh, figuré sous la forme d’un être humain à tête d’éléphant, dieu de la sagesse et de la connaissance. De nombreux temples sont d’ailleurs dédiés à cette divinité.
Chez les bouddhistes l’éléphant est un animal totem symbolisant la paix, la prospérité et la force mentale, l’instrument de l’action et de la bénédiction du Ciel.
En Thaïlande, le pachyderme possède également une forte symbolique puisqu’il représente également la paix, la prospérité et la chance. Lorsque celui-ci est peint en blanc, il représente le contrôle de soi et l’esprit fort, ce qui fait de lui un emblème royal.

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LE JAGUAR ET LE PUMA, ANIMAUX SACRES DANS LES CULTURES PRECOLOMBIENNES

(Photo : Puma © Thomas PIERRE)

Félin solitaire, puissant et agile d’Amérique du Sud qu’on trouve encore jusqu’à certaines régions du Mexique, le jaguar est le plus grand prédateur des Amériques.

Omniprésent dans les civilisations précolombiennes, le jaguar incarnait la force et la puissance. Ainsi les Mayas le considéraient comme un animal protecteur associé à la nuit. Dans leurs croyances, à chaque crépuscule, le soleil était dévoré par la terre représentée par la gueule d’un jaguar. Dans les mythes de nombreuses tribus indiennes d’Amérique du Sud, le jaguar a été recueilli et sauvé par la Lune et c’est ainsi qu’il est devenu ce redoutable prédateur nocturne. Dans ces cultures, le jaguar est encore l’expression des forces internes de la terre, l’incarnation de la force spirituelle des chamans et le dieu du nombre Neuf, un chiffre magique chargé de symboles (les neufs cieux, les neufs mondes souterrains, le chiffre sacré de la déesse lune, les neufs divinités gouvernées par le dieu des enfers, etc). Autant de significations qui font du jaguar un animal si emblématique de la culture amérindienne. Associé à l’aigle, il représentait le pouvoir royal pour les Aztèques.

Quant au puma, il était, comme le jaguar, vénéré comme un Dieu dans les civilisations précolombiennes. Les Incas évoquaient trois mondes parallèles, représentés chacun par un animal. Ainsi, dans la trilogie Inca, le serpent représentait le monde souterrain des morts, le condor le monde céleste, et le puma le monde terrestre. Ces mêmes animaux étaient également associés aux trois stades de la conscience humaine tout au long de la vie : d’abord serpent désincarné errant dans le monde souterrain des morts, l’être s’incarne dans le puma durant son existence terrestre avant, à sa mort, de s’élever vers les cieux sous la forme du condor.

LE KOOKABURRA, OISEAU SACRE DES ABORIGENES

(Vidéo : Le chant spectaculaire du kookaburra ; chaîne du Zoo de Brookfield sur Youtube)

Le kookaburra, le martin-chasseur géant d'Océanie, est un animal sacré dans la culture aborigène en Australie. Selon la légende, il aurait réveillé tous les habitants du monde lors du premier lever de soleil avec son cri puissant et si particulier. Depuis, le kookaburra pousse son cri chaque matin lorsque l’Ancêtre Créateur souffle sur les braises pour que le jour succède à la nuit. Et gare à ceux qui osent rire du kookaburra : les aborigènes croient que si les enfants se moquent d’un kookaburra, une dent inclinée va pousser dans leur bouche.

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LES LEMURIENS DE MADAGASCAR

(Photo : Lémurs catta © Thomas PIERRE)

Le lémurien est une figure emblématique de Madagascar, un animal sacré considéré comme la réincarnation des êtres disparus. Cet animal, primate endémique de l'île-pays, s'y décline en plus d’une centaine d’espèces et est à l’origine de plusieurs légendes et mythes transmis de génération en génération qui content l’histoire d’hommes se transformant en lémuriens et celle de lémuriens géants qui peupleraient l’île, un écho aux lémuriens subfossiles qui pouvaient atteindre les 200 kg et ont réellement vécu sur le sol malgache !
Certains lémuriens sont également considérés comme maléfiques, à l’instar du aye-aye qui possède il est vrai une apparence inquiétante avec ses yeux rouges, sa fourrure sombre et hirsute, ses grandes dents et ses longs doigts, dont un majeur démesuré qui lui sert à sonder les souches et les troncs à la recherche des larves d’insectes. Croyances funestes, braconnage pour consommer leur chair ou encore déforestation et disparition de leur habitat : les périls qui menacent les lémuriens sont nombreux et un tiers des 107 espèces de lémuriens que compte Madagascar est aujourd’hui considéré comme en Danger Critique d’Extinction.

Lire aussi : Lémuriens, les spectres de l'Île Rouge

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LE LOUP EN EUROPE

(Photo : Loup gris © Thomas PIERRE)

Dans la mythologie européenne, le loup a toujours été étroitement lié à la fécondité et à la protection mais aussi à la punition. Chez les Germains durant l’Antiquité, il était le symbole du guerrier. L’ambivalence de sa symbolique se retrouve également dans la Rome antique : la Louve protectrice de Romulus et Rémus, les fondateurs de Rome, est également un animal réputé pour sa férocité. Le loup est resté au centre de toutes sortes de légendes, fables ou contes, du Petit Chaperon rouge et les Fables de La Fontaine jusqu’à La Bête du Gévaudan, dont une hypothèse pourrait être celle d’un ou deux énorme(s) loup(s) qui avai(en)t pris goût à la chair humaine sur les champs de bataille, ainsi que nous l’évoquons dans notre dossier consacré aux animaux les plus effrayants.

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L'OURS TOTEM CHEZ LES AMERINDIENS

(Photo : Ours brun © Anthony KOHLER)

Animal réputé à la fois très fort mais aussi très doux, l’ours a une forte signification chez les peuples Amérindiens. En plus de la force, il représente généralement l’introspection et la force de l’âme. L’ours est l’animal totem du clan des Mohawks, un peuple natif du Québec. Par ailleurs, chez les Indiens des Grandes Plaines, une dent d’ours portée autour du cou est un signe de courage et fait office d’amulette. Quant aux indiens Pomos de Californie, ils pensaient que tout mort non incinéré revenait métamorphosé en ours

Lire aussi : Tout savoir sur les ours

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LES RAPACES SACRES

(Photo : Aigle des steppes © Thomas PIERRE)

Aussi ambivalents que les loups, les rapaces, qu'ils soient diurnes ou nocturnes, ont de tout temps fasciné les hommes. Symboles à la fois de la vie avec l’aigle souvent utilisé pour représenter la puissance, et de la mort avec les vautours, animaux charognards, les rapaces ont une forte symbolique. En effet, l’aigle est considéré comme le roi des oiseaux. Dans les mythologies grecques et romaines, il accompagne les Dieux et les Héros. Chez les peuples Amérindiens, il fait le lien avec le Grand-esprit. En Amérique du Sud, le condor des Andes remplace l’aigle mais revêt comme lui cette dimension d’animal sacré incarnant la dimension céleste dans les civilisations précolombiennes. Au Pérou, certains villages andins célèbrent la Yawar Fiesta, la ‘Fête du Sang’,  où un condor sauvage, qui a été capturé et soigné pendant un mois, est attaché sur le dos d’un taureau et va lutter pour s’en défaire. A l’issue de cette cérémonie sacrée, qui dans la culture locale représente la libération du joug colonial de l’Espagne, les condors sont relâchés.

De son côté, le vautour est dans certaines cultures reconnu pour son rôle purificateur : en Egypte, la déesse vautour Nekhbet était la protectrice des naissances et dans les traditions gréco-romaines, le vautour était considéré comme un oiseau divinatoire. Vautours toujours avec les rites funéraires du zoroastrisme, religion monothéiste née il y a 3.000 ans dans l’actuelle Iran, où la coutume était de placer les défunts dans une « tour du silence », une enceinte circulaire où les cadavres humains étaient placés en hauteur pour ne pas souiller la terre en se décomposant et être livrés aux vautours pour une inhumation céleste. Ce rite funéraire, aujourd’hui interdit en Iran, est encore pratiqué dans certains villages de l’Inde et du Tibet.

Lire aussi : Aigle royal, gypaète barbu, vautour fauve : à la rencontre des grands rapaces de France

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LE RAT, ANIMAL SACRE AU RAJASTHAN

(Photo : Repas des rats au temple de Karni Mata au Rajasthan © Alain PLATEL)

Comme nous l’évoquions dans notre dossier consacré aux 10 animaux les plus effrayants, le rat n’est clairement pas en odeur de sainteté en Occident où il pullule dans les nouveaux habitats artificiels créés par l’homme et où il a été le vecteur de la propagation de la Peste Noire. Il y est ainsi perçu comme un animal impur de la nuit, fureteur et agité, et incarne l’avarice et la cupidité.

Rongeur grégaire et très sociable, particulièrement adaptable et intelligent, certaines de ses qualités ont toutefois trouvé grâce aux yeux d’autres cultures comme au Japon, en Chine et en Sibérie où on valorise sa grande fécondité. Au Rajasthan dans le Nord-Ouest de l’Inde, le rat a même un temple qui lui est dédié, où vivent en toute quiétude et sont vénérés et choyés 25.000 rats noirs. Les fidèles hindouistes voient dans ces rongeurs les réincarnations de la sage et vénérée Karni Mata et ses enfants. Dans la tradition indienne, le rat aurait le double pouvoir d’amener les maladies mais aussi de les guérir.

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LE RENNE SACRE POUR LES PEUPLES DU NORD

(Photo : Rennes © Julien PIERRE)

Si le renne, cervidé particulièrement bien adapté à la vie dans la toundra, est célèbre en tant que fidèle compagnon du Père Noël dont il tire le traineau, permettant ainsi la distribution des cadeaux aux enfants, il revêt également une dimension spirituelle et sacrée dans les cultures du Grand Nord. Le renne est une ressource vitale pour ces peuples qui vivent dans ces régions glacées. Il est à la fois une source de nourriture (on consomme son lait et sa chair), et une ressource pour confectionner outils, harpons, vêtements, tapis et manteaux en exploitant ses cornes, sa peau et sa fourrure épaisse. Chez les Samis, peuple autochtone de Scandinavie et de Laponie spécialisé dans l’élevage du renne, l’animal y est considéré comme un allié vers les mondes spirituels. C’est lui qui permet au chaman Noaidi de rentrer en communication avec les esprits.

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LE REQUIN SACRE DANS LES CULTURES DU PACIFIQUE

(Photo : Requin-taureau © Julien PIERRE)

Le requin est un animal qui est souvent considéré comme dangereux et terrifiant. Mais il est également vénéré par certains peuples d’Océanie. Les peuples du Pacifique voient le requin comme un animal symbolique et il est considéré dans ces cultures comme un dieu protecteur qu’il faut respecter.
Pour les indigènes des îles Salomon, le requin est habité par les âmes des morts. Le requin est tantôt associé à la sagesse pour les Tahitiens, à la protection pour les Hawaïens ou à l’incarnation de l’âme pour les Polynésiens. Pour les Maoris, le requin représente un guide bienfaiteur du marin égaré.

Lire aussi : Requins, S.O.S. espèces menacées

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LE SCARABEE SACRE D'EGYPTE

(Photo: Combat de scarabées bousiers © Julien PIERRE)

Kheper aeygyptiorum, le scarabée sacré d’Afrique, était vénéré par les Egyptiens. Dans la nature, ce scarabée confectionne des pilules de matières fécales à l’aide de sa tête en forme de pelle et ses puissants membres antérieurs. Celles-ci vont servir de nid à ses œufs puis nourrir ses larves, lui-même s’en nourrissant en suçant le jus de ses boulettes. Membre de la grande famille des bousiers, il fait rouler ses précieuses sphères en les poussant en ligne droite avec ses membres postérieurs, parfois importuné par un impudent venu lui disputer son bien. Pour les égyptiens, il était à la fois un symbole cyclique du soleil, qui porte l’énorme boule de l’astre solaire entre ses pattes, et de la résurrection, roulant la boule dans laquelle il va renaître.

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LES SERPENTS SACRES EN INDE ET AU BENIN

(Photo : Python molure (Python molurus) albinos © Julien PIERRE) 

Largement répandu dans le monde via ses nombreuses espèces, le serpent est un animal chargé de symboles et significations complexes dans diverses cultures. Serpents à plumes de l’Amérique précolombienne, dragons ailés d’Extrême-Orient, emblème des médecins et des pharmaciens avec le serpent enroulé autour de bâton d’Esculape (dieu gréco-romain de la médecine) : nombreuses sont les symboliques associées au serpent. Pour parler de serpent sacré, on peut toutefois s’attarder sur les cas du python royal au Bénin et celui du cobra en Inde.

En Inde, le serpent mythique est nommé ‘Nâga’, un animal qui porte le monde et qui protège Bouddha dans la tradition bouddhiste. A la fois craint et vénéré, le serpent est un destructeur par le venin qu’il injecte mais il n’est pas lui même responsable de celui-ci. Un des serpents les plus communs en Inde est le redoutable cobra Naja (Naja naja, en référence au ‘Nâga’ mythologique ?), aussi appelé ‘serpent à lunettes’ en raison du motif qui apparaît sur l’arrière de sa coiffe lorsqu’il déplie celle-ci en se redressant. Serpent sacré en Inde, il est, de toutes les espèces de serpents au monde, celle qui détient le record des victimes humaines.

En Afrique dans la ville de Ouidah au sud du Bénin, les pythons royaux sont considérés comme sacrés et ont même un temple qui leur dédié où ils sont choyés et protégés. Ils sortent pour chasser les rongeurs et insectes alentour et reviennent au temple, parfois ramenés par les habitants eux-mêmes. Ces bons soins sont prodigués en mémoire d’une légende locale selon laquelle ils auraient sauvé un roi de la mort et parce qu'ils sont au centre d’un culte vaudou. Reptile d’une taille relativement modeste (il ne dépasse pas les 1,50 m) et plutôt paisible, le python royal ne présente pas de danger pour l’homme et les habitants de Ouidah le respectent et le manipulent sans crainte.

A lire aussi sur anigaido.com : Les amphibiens, reptiles et serpents les plus venimeux

LES SINGES SACRES EN INDE, EN THAÏLANDE ET AU GHANA

(Vidéo : La Ville des Singes en Thaïlande - Chaîne : France•TV New Delhi sur Youtube)

L’entelle est un grand singe gris et élancé au visage et mains noires que l’on connaît sous divers noms tels que langur sacré, l’entelle d’Hanuman, le langur gris ou encore Houleman. Il est un singe considéré comme sacré par les Indiens, car pour les Hindous, il est la représentation du bien aimé dieu-singe Hanuman. Dans certaines villes d’Inde, les habitants et les entelles cohabitent et partagent la nourriture, comme à Jodhpur, un groupe de plus de 2.000 langurs a élu domicile dans la ville et vit à proximité des hommes. Protégé par la loi, il est interdit de le tuer ou de le capturer. Si le langur sacré n’est pas une espèce menacée à ce jour, certaines autres sous-espèces du langur, assez proches physiquement de notre ami squatteur, sont elles en voie de disparition comme la sous-espèce du Cachemire ou celle du Terraï. A noter que d’autres espèces de singes sont également vénérées ailleurs en Asie et en Inde (qui compte plusieurs dizaines de millions de singes !), comme les effrontés macaques rhésus qui pullulent à New Dehli et au Taj Mahal au point d’en devenir envahissants.

L’Inde n’a pas le monopole du culte des singes. Ainsi, en Thaïlande, on vénère aussi Hanuman le dieu-singe, qui est un héros de la mythologie thaïe emprunté à l'Hindouisme, et au Ghana en Afrique, les singes sont considérés comme égaux aux hommes car ils partagent les mêmes ancêtres. Dans certains villages ghanéens, ils vivent en liberté au sein de la population et peuvent entrer et sortir librement des habitations. Des sanctuaires consacrés aux singes existent au Ghana, comme dans le village de Tafi Atome, où les nombreux singes (des mones de Campbell (Cercopithecus campbelli), une espèce au statut ‘Quasi menacé’) sont aujourd’hui devenus une réelle attraction touristique.

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LA TORTUE SACREE AU MALI ET AU VIETNAM

(Photo : Tortue sillonnée, la plus grosse tortue terrestre d'Afrique © Julien PIERRE)

La tortue est un animal sacré chargé de multiples symboles dans de nombreuses cultures. Ainsi de la Chine au Japon en passant par les peuples d’Afrique, elle est, avec sa carapace en forme de dôme au-dessus et plate en-dessous, une représentation de l’univers à elle seule.

Chez les Dogons, un peuple du Mali, chaque famille possède sa tortue qui est un véritable compagnon de la maison, un vieil ami sage et omniscient, en référence à la longévité légendaire de ces reptiles de l'ordre des Chéloniens. Et quand le patriarche est absent de la maison, c’est la tortue qui doit recevoir la première bouchée de nourriture et la première gorgée d’eau quotidienne.

Au Vietnam, les tortues sont également admirées pour leur longévité et la sagesse qui y est associée. Les Vietnamiens considèrent que la tortue fait le pont entre ciel et terre : sa carapace voûtée représente la voie lactée tandis que ses pattes bien ancrées au sol représentent la Terre. Cet animal est également associé à la lutte du Vietnam pour son indépendance, et a donc une forte symbolique. En 2016, la disparition d’une des dernières tortues géantes du Yangtze à Hanoï avait fortement ému toute la population. Celle-ci a même été embaumée afin que les visiteurs puissent se recueillir devant son corps.

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LA VACHE SACREE EN INDE

(Photo : Scène de rue en Inde où les vaches vivent en totale liberté © Alain PLATEL)

En Inde, les vaches sont sacrées et intouchables ! Cet animal, symbole de la vie et de la fertilité, est considéré comme la mère des humains, elle est la ‘Mère Vache’. Les Indiens considèrent que la vache porte chance pour les récoltes. Au quotidien, si une vache bloque la circulation (ce qui arrive très régulièrement), les Indiens doivent simplement patienter, la vache prime sur le reste, il ne faut en aucun cas la toucher. Il est ainsi impensable pour les Indiens de manger la vache : tuer cet animal y est d’ailleurs un crime.

Les vaches indiennes sont en réalité souvent des zébus (Bos taurus indicus), reconnaissables à leur grosse bosse graisseuse caractéristique au-dessus des épaules (plus imposante chez le mâle). Descendant direct d’une sous-espèce indienne de l’aurochs, le bœuf sauvage préhistorique, le zébu a été domestiqué il y 6.000 à 8.500 ans en Inde avant de s’étendre à l’Asie puis l’Afrique. Il a ensuite fait l’objet de divers croisements visant à allier ses qualités de rusticité et de résistance aux maladies à la productivité des races européennes, aboutissant à de nouvelles races de vaches comme le brahmane.

Crédit article : Eva LEVY & Julien PIERRE

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